Pourquoi les femmes sont-elles considérées comme étant inférieures aux hommes ?

« Dire de Dieu ‘une femme’ est un affront impardonnable » cette phrase a été la réplique d’une religieuse, quand j’ai osé lui dire « pourquoi ne pas employer un pronom neutre pour désigner Dieu, vu que Dieu est abstrait et que nul ne l’a jamais vu ». Si Dieu est puissant, il ne saurait être une femme parce que [dans la tête des femmes-même, si bien formatées par nos sociétés misogynes] les femmes sont inférieures à la grandeur masculine. Cela peut servir à expliquer pourquoi la misogynie a traversé le temps et ne fait que s’empirer au fil des siècles. Dans nos sociétés, la discrimination basée sur le genre est monnaie courante. Les femme sont rarement appréciées à leurs justes valeurs. Soit elles subissent un dumping social ou elles ne sont vues que comme une machine à sexe. Dans certaines sociétés, la femme n’est même pas propriétaire de son propre corps, elle ne peut  pas en user comme bon lui-semble. A qui la faute ?

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Barbie et sa cuisine

La société a programmé les hommes à se considérer comme étant supérieurs, de la même façon qu’elle a façonné les femmes à se voir faibles, inférieures, et soumises aux hommes. Dès leurs plus jeunes âges, les fillettes subissent du matraquage avec les contes de fées, qui proposent aux filles de ne pas s’efforcer à se construire une vie, car il y aura un prince charmant, beau, fort et plein aux as pour prendre soin d’elle. Dès leur tendre enfance, Barbie fait des filles « des femmes aux foyers » en leur proposant des poupées et des ustensiles de cuisine comme jouet, tandis que des robots, machines, super héros sont proposés aux garçonnets comme jouets. Dès sa plus tendre enfance, la fille accompagne sa mère dans tout ce qui est tâches ménagères, entretien de maison etc. ; le garçon lui, il part arpenter toutes les rues de son entourage avec ses potes à sa guise [ce qui est généralement interdit aux filles], sinon, il regarde la télé, où part se promener avec son père et rentrent à l’heure du dîner [préparé par la mère et les sœurs]. Déjà, toutes les religions [monothéistes] prônent « la bonne femme est celle qui est soumise à son mari et que ce dernier est le Seigneur de la maison », ce qui accentue beaucoup plus l’écart entre la valeur de l’homme et celle de la femme un peu partout à travers le monde, considérant que les religions abrahamiques sont présentes dans environs 4/5 des sociétés qui habitent notre planète; [à constater qu’il n’y a aucun verset qui impose à l’homme de considérer la femme comme son égal, déjà celle-ci a été supposément créée à partir des cotes d’un homme]. Dans certaines sociétés, être polygame, avoir entre deux à quatre épouses [ou même plus] est signe de virilité, de richesse, tandis qu’une fille n’ayant que perdue sa virginité [même contre son gré par un homme malintentionné] avant le mariage est vue comme une fille de mauvaise vie. Leur argument récurrent c’est qu’en étant polygame, ils ne font qu’aider les femmes financièrement et socialement. Moi je vous dis que c’est de l’égoïsme ; il existe mille et une façon d’aider quelqu’un sans devoir l’amener dans son lit ; ce n’est que de l’exploitation et de l’utilisation sexuelle des femmes.

Ce sont les épreuves qui nous révèlent. Elles nous mettent au défi de nous dépasser et de nous voir dans notre propre réalité.

Cette citation de Philippe Auzenet traduit la réalité concernant cette supposée supériorité des hommes sur les femmes. Lorsque celles-ci sont mises à l’épreuve, leur vraie nature se révèle, celle d’être source de vie, celle d’être la mère de toute âme vivante, l’élément central de toute société [potomitan en créole haïtien]. Je considère comme étant une pure folie le fait qu’un homme puisse se considérer supérieur à la femme, celle qui l’a porté pendant neuf mois dans ses entrailles, et l’a allaité pendant près de dix-huit mois, l’a protégé pendant toute une vie, parfois en absence du père qui l’a engendré. En général, les familles monoparentales sont dirigées par des « mères célibataires », selon des statistiques de 2007, en Haïti, environs 60% des familles sont concernées par le phénomène ; en France à titre de comparaison, en 2015, 1,5 million de familles étaient composés d’un seul parent dont 85% de mères célibataires. Selon les statistiques, dans ces familles, où tout est pris en charge par une femme [à cause d’un homme qui a fui ses responsabilités] qui doit tout mettre en œuvre pour joindre les deux bouts, les enfants sont en majorité des citoyens modèles.

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Michelle Obama, Femme du 44e président Américain, Mr Barack H. Obama

Loin du cadre familial, beaucoup de femmes ont bravé les sociétés misogynes et ont laissé leurs empreintes dans l’histoire de leurs pays, dans l’histoire mondiale même. L’exemple la plus répandue est celui de la doyenne des dirigeant mondiaux, la reine Elisabeth II de la Grande-Bretagne. On ne pouvait ne pas mentionner la « Dame de fer » Margaret Hilda, baronne Thatcher très connue pour sa victoire des Anglais dans la guerre des Malouines en Avril 1982. Harriet Tubman, doublement discriminée, racialement car elle était Noire de peau, et sexuellement, elle fut l’une des figures principales de l’antiesclavagisme des blancs au détriment des Noirs aux Etats-Unis. Et pllus récemment, la charmante femme du 44e président des Etats-Unis, Madame Michelle Obama, comme dit l’adage : Derrière chaque grand homme, il y a une femme. Sans oublier celle qui, 62 ans de cela, soit le 1er décembre 1955,   a catégoriquement refusé de laisser sa place à un blanc, ‘Rosa Parks, brave femme’; même si cela lui a couté la prison, mais cet acte l’a aussi rendue immortelle. Parmi les autres femmes ayant marqué l’histoire, on peut aussi mentionner Isabel Martínez de Perón, première femme à devenir présidente de l’Argentine en 1974 ; Ellen Johnson Sirleaf, la première femme élue au suffrage universel direct à la tête d’un État africain, le Liberia en 2005 ; Notre Ertha Pascal-Trouillot national ayant dirigé Haïti en 1990, et la liste reste longue…

Les femmes qui ont laissé leurs empreintes sur l’histoire d’Haïti.

Haïti, mère de la liberté, du monde libre contemporain, le premier pays à avoir chassé l’esclavage à partir de la fin du 18e siècle. Les femmes ont joué un rôle prédominant dans cette lutte. Cette prédominance de la femme a traversé les siècles et a placé les femmes sur un haut piédestal au sein de la société moderne haïtienne. D’où l’expression de « potomitan » qui désigne en français « l’axe principal » par analogie à une tente. L’axe sans quoi la tente ne va jamais se tenir debout. Parmi les femmes qui ont marqué l’histoire d’Haïti, de la guerre de la chasse des colons français à nos jours, on peut lister exhaustivement :

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Peinture présentant « Défilée » transportant le corps de l’empereur Jean-Jacques Dessalines

Lieutenant Sanite Belair : de son vrai nom Suzanne Belair est née à Verrettes en 1781. Elle participa activement à la Révolution haïtienne et devint sergente puis lieutenante de l’armée de Toussaint Louverture pendant le conflit contre les troupes françaises de l’expédition de Saint-Domingue (actuelle Haiti).

Catherine Flon : Catherine Flon était la fille [D’autres disent qu’elle était sa filleule] de Jean-Jacques Dessalines, dit le père de la patrie haïtienne. Le 18 mai 1803, lors du congrès de l’Arcahaie, regroupant l’ensemble des chefs de la Révolution haïtienne, Catherine Flon, prit les deux morceaux bleu et rouge et cousit le drapeau haïtien sous ordre de Jean-Jacques Dessalines.

Défilée, Dédée Bazile : Marie Sainte Dédée Bazile, surnommée « Défilée » ou encore « Défilée la folle », née dans les environs du Cap-Français, est une personnalité de la Révolution haïtienne qui transporta le corps supplicié du premier empereur d’Haïti, Jean-Jacques Dessalines, vers un lieu de sépulture.

Marie-Claire Heureuse Dessalines : née à Léogâne en 1758 dans la famille modeste de Guillaume Bonheur et de Marie-Sainte Lobelot. Elle fut la femme du père de la nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines. Elle fut la première infirmière de l’histoire d’Haïti et l’une des premières connues de l’histoire moderne. Durant toute la guerre de l’Indépendance, elle soigna beaucoup de blessés.

Pour plus d’information sur les femmes de l’histoire d’Haïti, cliquez ici !

 

© Ayiti Bel Zile / Jean Jeaslin DECOSSA

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