Le saviez-vous? Haïti, Cette puissance diplomatique et militaire qui a libéré le monde du joug de l’esclavage.

Saviez-vous que des citoyens de bon nombre de pays ne sont plus des esclaves, des colonisés, des opprimés grâce à leurs luttes certes, mais aussi grâce à Haïti ?

Tableau présentant le champ de bataille à Vertières Haiti, avec Dessaline en premier plan, qui allait chasser les esclavagistes français du sol haitien.

Tableau présentant le champ de bataille à Vertières Haiti, avec Dessaline en premier plan, qui allait chasser les esclavagistes français du sol haitien.

Nous sommes en 1803, le 18 novembre, la bataille fait rage. Napoléon et ses hommes ne veulent pas baisser les bras et perdre cette colonie qui est le moteur de leur économie, qui les a placé sur le sommet du monde. Dessalines et les siens, quant à eux, ils ont fait le serment de mourir ou de vivre libres. Des boulets de canon allaient lui ôter son chapeau, lui tuer son cheval, mais le Général « Capois la Mort » n’a jamais cessé de crier « en avant – en avant » à ses pairs. Cette bataille allait être soldée par la mise en déroute de Napoléon Bonaparte et de ses colons. Cette date, le 18 novembre 1803 allait ouvrir une nouvelle ère pour le monde, celui du monde libre, sans l’asservissement de l’homme par l’homme [blanc]. Haïti n’a pas seulement été un modèle pour les peuples opprimés, le pays a aussi participé directement à la libération de certains peuples. Le désir de voir le monde libre de tout asservissement a été formellement mentionné dans la constitution du pays de 1805 et de 1816 [chose qui restera unique dans le répertoire historique des constitutions du monde] avec son article 44 qui stipule que « Tout Africain, Indien et ceux issus de leur sang, nés dans les colonies ou pays étrangers, qui viendraient résider dans la République, seront reconnus Haïtiens mais ils ne jouiront des droits de citoyenneté qu’après une année de résidence ».

Haïti et l’indépendance du Venezuela.

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Drapeau du Vénézuela créé en Haïti plus précisément à Jacmel.

Le 24 décembre 1815 au port les Cayes, Haïti, Simon Bolivar, héros du Venezuela en pleine révolution contre les colons esclavagistes espagnols, est venu voir Pétion pour discuter stratégies anticolonialistes, en quête d’un appui politique, d’une aide financière et d’une collaboration technique, navale et militaire. Ce que A. Pétion n’avait pas refusé spécialement avec un don de 6 mille fusils et des soldats en renfort. Et, rappelons-le, le 12 mars 1806 le drapeau vénézuélien a vu le jour, sur la côte sud haïtienne, à Jacmel. Le 26 Juin 2013, le président Vénézuélien Nicolas Maduro n’a pas manqué à mentionner l’influence d’Haïti dans l’adoption et la disposition des couleurs bleue et rouge, pour constituer le drapeau tricolore vénézuélien à l’instar du bicolore haïtien. Au 19e siècle, Haïti était une jeune République indépendante vis-à-vis de la France, qui accordait l’asile et soutenait les causes indépendantistes sur tout le continent américain. [Bien qu’en 1826, l’amnésie politique a frappé Simon Bolivar et a oublié tout ce que Haiti a fait pour sa nation. Il a osé exclure Haïti du congrès de Panama qu’il organisait, et, la république de Bolívar a aussi refusé de reconnaitre Haïti.]

Haïti et l’indépendance des États-Unis

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Part of Haitian monument in Savannah, Georgia

Les liens entre étatsuniens et haïtiens ne se résument pas qu’au fait que l’haïtien [le créole haïtien] soit une langue officielle dans des villes américaines comme à New-York, et qu’elle soit aussi une langue très répandue dans des endroits comme la Louisiane… Non plus par le fait que l’haïtien Jean Baptiste Pointe du Sable, né vers 1745 à Saint-Marc (Haïti) soit le père fondateur de la ville de Chicago. Le fait est que la politique est amnésique. Les Etats ont la fâcheuse tendance d’oublier qu’ils doivent leur position assez confortable aux efforts conjugués d’hommes et de femmes qui se sont battus pour leurs causes même si au final ils n’y ont rien gagné. Pour illustrer cela, l’exemple parfait est les rapports politico-historiques entre Haïti et le Etats-Unis.

Menés par le jeune Henry Christophe, futur empereur d’Haïti qui n’avait à l’époque, que 16 ans, un bataillon de 1500 soldats haïtiens environs, connus sous le nom de « les chasseurs volontaires » de Haïti, ont combattu, en 1779, à la bataille de Savannah en Georgie, une bataille décisive pour que les Etats-Unis d’aujourd’hui pussent garder leur souveraineté de peuple libre. A noter que l’indépendance [colonialiste non pas esclavagiste, car les Etats-Unis ont été esclavagistes jusqu’en 1865 avec la guerre de sécession, même après cette date, les non-blancs allaient connaitre un calvaire jusqu’à Martin Luther King Junior] des Etats-Unis d’Amérique a été proclamé en 1776. Une année avant la bataille, en 1778, la ville de Savannah, capitale de la colonie britannique de Géorgie, une ville très stratégique pour les anglais avait été reconquise par le corps expéditionnaire britannique du lieutenant-colonel Archibald Campbell.

Haïti et l’indépendance  de La Grèce.

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Tableau représentant la résistance des grecs face à l’oppression des islamistes turcs de l’Empire Ottoman.

L’histoire de l’Islam a connu des âges d’or. A l’instar des colonisateurs européens, les conquêtes islamistes enregistrées dans l’histoire universelle sont plutôt nombreuses. A partir des années 640 après JC, l’Afrique du nord est devenue musulmane avec l’invasion manu militari des arabes. Après cette époque, le plus grand âge d’or de l’Islam était sous l’influence de l’empire Ottoman [actuelle Turquie] du 13e siècle jusqu’au 20e siècle (soit 1299 – 1923, exactement 623 ans 10 mois et 26 jours). Parmi les victimes de cet empire qui rêvait d’une planète 100% musulmane se trouvait la Grèce, qui malgré son passé glorieux, a eu du mal à se défaire des Turcs. Après plusieurs siècles d’asservissement, les grecs ont décidé de chasser les turcs de leur pays. Haïti fut le premier pays au monde à reconnaitre l’indépendance du jeune état Grec le 15 janvier 1822. Celui-ci n’a pas pu avoir l’aide de ses voisins européens lors de cette révolution, mais, Haïti une jeune nation d’à peine 18 ans d’indépendance a pu envoyer 25 tonnes de café haïtien, l’un des produits les plus importants de l’époque, à vendre pour le compte des grecs en vue d’acheter des armes pour mener la révolution ainsi qu’une centaine de soldats haïtiens en renfort qui sont morts en aidant à cette lutte pour leur indépendance de l’empire Ottoman (actuelle Turquie) qui occupait la Grèce depuis 1453.

Les Juifs persécutés sous le règne d’Hitler

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Hitler showing the Nazi salute

L’histoire du monde est marquée par des vagues d’immigration particulièrement en raison de guerres ou de chasses ethniques. Dans l’histoire moderne, après celle débutant en 2011 avec le printemps arabe et la lutte anti-DAESH, la plus récente vague est bien celle des Juifs d’Allemagne sous la présidence d’Adolf Hitler. Selon les statistiques, les Nazis ont exterminé environs 6 000 000 d’âmes humaines dont 5 000 000 de Juifs. Fuyant cette purge ethnique, ces derniers ont cherché à se réfugier dans plusieurs endroits sur la planète. Les intellectuels haïtiens à l’instar de Dantès Bellegarde et Jacques Roumain, n’ont pas manquer à condamner le nazisme dans leurs œuvres. L’État haïtien ne se contenta pas seulement de désavouer l’Allemagne des Nazis, mais définit des lignes d’actions face au racisme anti-Juifs. Sténio Vincent, président haïtien de l’époque proposa d’établir un refuge pour 50 000 Juifs en Haïti. Sumner Welles, sous-secrétaire d’Etat américain de l’époque a fait obstruction à cette idée [Sans rien proposer de mieux, déjà les États-Unis avaient déporté une centaine de Juifs persécutés qui se trouvaient sur leur territoire]. Mais Haïti, soucieux de la liberté de chaque individu de la planète n’a pas déposé les armes. Le gouvernement haïtien ouvra ses frontières à des centaines de Juifs comme réfugiés politiques, puis les fit naturaliser dans les consulats haïtiens en vertu d’un décret-loi de naturalisation.

La déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

En 1789, la révolution fait rage en France. L’une des causes à constater c’est l’abolition des privilèges de la Noblesse et du Clergé exigée par les Bourgeois. Cela allait déboucher sur « La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 » qui stipule en son article premier « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Toutefois, cela ne parlait que des droits de l’homme blanc, car, en 1789, l’économie de la France dépendait encore de l’asservissement de certains peuples, comme Haïti. Dans les tribunes de l’ONU le 10 Décembre 1948, étant désormais une nation libre de l’esclavagisme français, Haïti n’a mis l’eau dans sa bouche lors des discussions et les débats sur l’adoption et la proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dont le père en second (après René Cassin) fut l’haïtien Émile Saint Lot. Ce fut l’occasion en or pour Haïti d’enterrer la déclaration des droits de l’homme blanc et du citoyen des français et encore prôner l’égalité des races humaines.

La décolonisation de l’Afrique

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Vue Satellite du continent Africain

L’histoire universelle se rappellera à jamais du 15 novembre 1884, date à laquelle les dirigeants d’une quinzaine de pays se sont réunis parmi lesquels se trouvaient les États-Unis, la France, l’Italie, l’Empire Ottoman et j’en passe, pour la première fois à Berlin, sous l’influence du roi Belge Léopold II et du Portugal pour partager l’Afrique comme une tarte ou chacun devait s’accaparer d’une tranche. Cette conférence de la honte a ouvert la voie à environ un siècle d’asservissement des peuples d’Afrique par d’autres peuples avares. De grands hommes africains se sont battus corps et âme pour libérer le continent vers 1960. Mais l’apport d’Haïti à cette quête d’indépendance n’est pas passé inaperçu. Déjà, beaucoup d’insurrections à travers le continent ont été réalisées en suivant le modèle de la révolution haïtienne (1789-1804). Plus concrètement, Haïti a plaidoyé en faveur de ces nations dans les tribunes des Nations Unis pour leur reconnaissance en tant qu’Etats souverains, tout en passant par la promotion de l’égalité des races humaines. Outre cela, les intellectuels haïtiens se sont dispersés comme enseignants et cadres pour contribuer aux premiers pas des jeunes états africains décolonisés à la gestion de leur nouvelle vie nationale comme au Congo, au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Dahomey (Bénin), en Guinée, au Cameroun, au Togo, en Angola, en Afrique du Nord etc.

A l’aube de la deuxième guerre mondiale, Vers les années 1934-1935, lorsque l’Italie Fasciste a porté atteinte à la souveraineté du peuple Éthiopien, Haïti n’a pas manqué à exprimer sa solidarité contre un acte jugé barbare et raciste de Mussolini.  La voix d’Haïti en défense de Éthiopie s’éleva, forte du droit et de la morale des peuples dits civilisés, à la tribune de la Société des Nations, à Genève. Le délégué d’Haïti lança aux démocraties occidentales l’inoubliable avertissement resté prophétique « Craignez d’être un jour l’Ethiopie de quelqu’un ». Toujours à l’ONU, Le 17 mai 1949, à la grande consternation des puissances occidentales le sénateur Émile St-Lot vote NON à l’approbation d’une résolution et bloque l’application du plan Bevin-Sforza et empêche donc la partition de la Libye en trois parties, telle partition dont les libyens n’en voulaient absolument pas.

Pour de plus amples informations sur la révolution haïtienne et son impact sur la liberté des peuples opprimés de l’histoire contemporaine, lisez ici, ou encore ici.

© Ayiti Bel Zile / Jean Jeaslin DECOSSA

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