Devoir de mémoire: Haïti, 12 Janvier 2010 ! Une date dont il faut toujours se rappeler.

La terre a tremblé…

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Les policiers hissant le drapeau Haïtien devant les décombres du Palais National.

« Il y a eu soixante secondes interminables où j’ai eu l’impression que ça allait non seulement jamais finir, mais que le sol pouvait s’ouvrir. C’est énorme. On a le sentiment que la terre devient une feuille de papier. Il n’y plus de densité, vous ne sentez plus rien, le sol est totalement mou. », Dany Laferrière dans les colonnes du journal Le Monde. Ce fut la minute la plus longue de la vie de millions d’haïtiens, 16 heures 53 minutes et 10,4 secondes, ce mardi 12 Janvier 2010. La terre a tremblé sous nos pieds avec une puissance de magnitude 7.3 sur l’échelle de Richter et a ôté la vie de plus de 300 000 âmes haïtiennes, sans compter les milliers de disparus non répertoriés parmi les morts, les 300 000 blessés et les 1,2 million de sans-abris. De près ou de loin, chaque haïtien a été touché par le tremblement de terre le plus meurtrier du monde depuis des décennies, soit par la perte d’un membre de leur corps, ou la perte d’un ami, d’un membre de la famille, d’un bien quelconque…

Que s’est-il réellement passé ?

SÉISME EN HAÏTI

Explications scientifiques retenues sur l’origine du séisme du 12 janvier 2010 qui a frappé Haiti

Des théories, les plus loufoques, n’ont pas tardé à pleuvoir sur ce drame. Nos détracteurs ont pris le malin plaisir de lier le séisme avec notre lutte pour nous défaire des colons français vers les années 1790 [La cérémonie du bois Caïman]. Ils ont osé dire que nous sommes touchés par le plus meurtrier des séismes, parce que nous sommes un pays « maudits » où des esclaves noirs (vodouisants) ont chassé les colons blancs (catholiques) [Cela nous fait encore une fois penser à la malédiction de Cham dans les religions Abrahamiques]. Certains ont supposé que « Dieu » était en train de nous punir pour je ne sais quelle raison [Encore la théorie d’un dieu pompier pyromane]. D’autres, des haïtiens, des croyants zélés ont supposé que c’était des signes de l’apocalypse relaté dans la bible, car Haïti serait ‘le peuple élu de Dieu’. Parmi les plus plausibles de ces théories, on trouve celle selon laquelle c’était un essai d’une arme d’une arme secrète des Etats-Unis connue sous le nom de « Projet HAARP« , et le choix d’Haïti a été fait selon deux objectifs, premièrement, pour appliquer les principes de « la stratégie du choc », c’est-à-dire profiter de notre situation de faiblesse et nous imposer leurs choix, que ce soit politiquement ou culturellement, deuxièmement cela résulte du souhait de certains suprémacistes [blancs] à réduire la population mondiale au moins de moitié, à travers des guerres de bactéries [sida, Ébola en Afrique…] aussi à travers des catastrophes dites naturelles, comme ce tremblement de terre, en commençant par les peuples NOIRS. Celle-ci reste une théorie vraisemblable mais quasiment impossible à prouver.

Toutefois, la théorie acceptée serait que le séisme a été provoqué par la rupture d’une faille, orientée ouest-est, sur une longueur de cinquante à cent kilomètres. Il s’agit de la faille d’Enriquillo, qui est un décrochement sénestre et qui traverse la ville de Port-au-Prince à Haïti. Il s’est produit à la limite nord de la plaque Antilles et de la plaque nord-américaine, cette première se déplaçant vers l’est par rapport à cette dernière selon un mouvement latéral de glissement et de compression qui peut atteindre 2 cm par an. Le foyer du séisme (lieu où la cassure des roches a eu lieu) n’est situé qu’à seulement 13 km de profondeur, ce qui en fait un séisme très superficiel et explique son intensité en surface.

C’est quoi l’essentiel dans tout cela ?

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Ayiti Bel Zile / Haiti Beautiful Island allume cette bougie pour honorer la mémoire des milliers de disparus.

On s’en souvient, comme si c’était hier ! Nous nous souvenons de ceux et celles ensevelis sous les décombres, certains complètement méconnaissables et n’ayant pu avoir, pour comble de malheur, le droit à des funérailles décentes. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010, bien qu’il ait déchiré nos familles en nous enlevant des êtres qui nous ont été très chers, mais il nous a réunis en tant que peuple. Comme un faisceau, nos peines se sont convergées en un même point, et ensemble on a dû faire face à cet épisode si sombre dans l’histoire du peuple haïtien. Nous avions appris aussi que la vie est précieuse, et qu’elle ne tient qu’à une ficelle, donc il faut l’honorer. Nous avions appris que peu importe la profondeur de l’océan qui essaie de nous engloutir, nous devons sortir notre tête de l’eau. Nous avions compris que la grandeur d’une nation se mesure à son aptitude à affronter les épisodes les moins glorieux de son passé et à chercher à améliorer le présent, en projetant d’optimiser le futur, et que Nous, Haïtiens, nous sommes un grand peuple, comme le roseau qui plie mais qui ne casse pas!

Pour finir, j’allume une bougie à la mémoire de mes 300 000 frères et sœurs qui sont partis beaucoup trop tôt!

© Ayiti Bèl Zile 

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